Pourquoi la vidéo est la meilleure amie de la mémoire

Mémoire

Ou 5 faits que vous ne connaissiez pas à propos de la mémoire

Pour que des informations deviennent de la connaissance, vous devez l’emmagasiner dans votre mémoire à long terme pour être en mesure de vous en rappeler lorsque cela s’avérera nécessaire.

Dans le royaume du eLearning ou même de la formation traditionnelle, les vidéos et le matériel interactif sont devenus une part de plus en plus importante du matériel de cours grâce aux nombreux avantages qu’ils offrent, notamment en termes de rétention d’information.

1 – La mémoire visuelle est liée aux capacités d’apprentissage

Si la mémoire constitue la capacité à se souvenir d’information au fil du temps, la mémoire visuelle, quant à elle, concerne la capacité à se rappeler d’expériences visuelles précédemment vécues une fois le stimulus original disparu, c’est-à-dire d’être en mesure de visualiser des images vives à l’évocation d’un mot par exemple.

Alors que certaines statistiques ont démontré que près de 65% de la population serait visuelle (1), c’est-à-dire qu’elle se base principalement sur le sens de la vue pour apprendre, il n’est pas surprenant que de nombreux chercheurs en sont donc arrivés à la conclusion que près de 80% de tout l’apprentissage se passe par les yeux d’une personne. (2)

Ce phénomène expliquerait même comment certains enfants n’ayant pas développé leur mémoire visuelle ont par la suite de la difficulté en mathématiques, orthographe et grammaire puisqu’ils ont de la misère à se souvenir de l’ordre des lettres dans un mot ou des chiffres dans une équation. (3)

Une des bonnes façons de développer cette mémoire visuelle est justement à travers la vidéo qui, en plus de faire appel aux yeux, fait aussi appel à l’ouïe, renforçant ainsi les souvenirs formés dans la mémoire et facilitant leur rappel une fois les stimuli disparus. Ce phénomène s’appelle “le principe multimédia”. (4)

2 – La mémoire a une capacité presque infinie

Selon une étude de Paul Reber, professeur en psychologie à la Northwestern University, notre cerveau aurait une capacité de stockage d’information de 2,5 Petabytes, ou 2 500 000 Gigabytes (5). Afin de donner une idée de la quantité d’information que cela représente, il compare le cerveau à une enregistreur vidéo, expliquant qu’il faudrait enregistrer 300 années de programmation de télévision sans arrêter pour en arriver à bout.

Le chercheur a effectué son calcul en considérant les chiffres suivants : comme le cerveau est composé d’environ un milliard de neurones, que chacun de ces neurones peut former environ 1 000 connexions aux autres neurones, totalisant environ 3 milliards de connexions, et que ces connexions peuvent être combinées entre elles pour aider à retenir plusieurs informations en même temps, la capacité de rétention d’information du cerveau est donc ainsi améliorée de façon exponentielle.

Si l’on considère que nos yeux sont capables d’enregistrer 36 000 images par heure par rapport à une vitesse moyenne de lecture chez les adultes de 300 mots par minute (7) et que, si on en croit l’expression populaire “Une image vaut mille mots”, alors il apparaît évident que la vidéo est plus efficace que le texte en matière d’apprentissage!

3 – Toutes les informations ne sont pas “égales” aux yeux de la mémoire

Plus souvent une connexion entre deux neurones est utilisée, plus forte sera cette connexion et donc son empreinte dans la mémoire. Certaines recherches faisant appel à l’imagerie par résonance magnétique ont même démontré que des changements structurels au cerveau pouvaient se produire à force de faire appel à certaines connaissances. (7)

Si on peut conclure que notre cerveau a une capacité infinie à retenir les informations dans la mémoire à long terme, la mémoire à court terme, quant à elle, aussi appelée mémoire fonctionnelle, ne peut retenir qu’en moyenne sept morceaux d’information à la fois. (8)

Les informations passent donc d’abord par cette mémoire à court terme, puis, à force d’être répétées, en viennent à être retenues, selon leur importance, dans la mémoire à long terme.

Cette importance est établie selon la fréquence à laquelle nous faisons appel à différentes informations. C’est ce qui explique pourquoi vous allez vous souvenir davantage du chemin à prendre entre votre domicile et votre lieu de travail par rapport à certaines notions d’arithmétique que vous avez apprises à la petite école ou pourquoi une étude de dernière minute avant un examen est moins efficace qu’une étude répartie dans le temps sur une longue période.

En associant une vidéo à certaines notions, vous aidez à faire passer celles-ci dans la mémoire à long terme plus rapidement puisque davantage de connexions sont stimulées lors du visionnement. (9)

4 – Pour retenir de l’information, il faut d’abord l’oublier

Si nous avons tendance à retenir une information dont nous avons souvent besoin dans notre mémoire à long terme, cela dépend pourtant aussi de la facilité que nous avons à trouver cette information. C’est-à-dire que si le cerveau sait qu’il pourra facilement retrouver cette information en la consultant ailleurs, il ne prendra pas la peine de la retenir. (10)

En effet, à l’ère d’internet et des téléphones intelligents, rares sont ceux qui connaissent maintenant tous les numéros de téléphones de leurs proches et amis par coeur ou retiennent les heures de passage de leur autobus habituel puisque ces informations sont disponibles au bout de leur doigt.

La véritable force de la rétention de l’information s’accomplit dans l’exercice d’aller essayer de s’en souvenir par la suite puisque c’est en exerçant le cerveau à aller chercher l’information que la mémoire se solidifie. (11)

Selon la Pyramide de l’Apprentissage du National Training Laboratories (12), après une période de 24 heures, 50% des informations apprises par le biais d’une vidéo sont retenues par rapport à seulement 10% des informations lues dans un texte.

Comme le visionnement d’une vidéo demande moins de temps que la lecture d’un texte, le fait de visionner une vidéo suivi d’une série de questions ou d’exercices de mémoire concernant le contenu de celle-ci à intervalles réguliers permettrait une rétention d’information optimale, efficace et économique.

5 – Plus c’est engageant, plus l’apprentissage est efficace

Nous avons été conditionnés à répondre au mouvement depuis l’époque préhistorique où nos ancêtres devaient être à l’affût de potentiels prédateurs et proies afin d’assurer leur survie. Cette affinité pour le mouvement est toujours vraie dans la réalité cognitive de l’apprentissage actuelle, mais à un niveau davantage émotif.

Plus une information est chargée émotivement, que ce soit par le niveau d’engagement dans le processus d’apprentissage lié à la motivation (13) ou à travers une trame narrative prenante (14), plus l’information sera retenue facilement.

Les émotions viennent à être associées à certaines informations, ce qui augmente leur importance relative pour la mémoire et les rend plus faciles à retenir. C’est ce qui explique que vous soyez incapable de vous souvenir de ce que vous avez mangé pour déjeuner il y a quelques jours alors que vous êtes capables de vous rappeler la température qu’il faisait dehors la journée de votre premier baiser par exemple.

Pour cette raison, un apprentissage qui se fait à l’aide d’une vidéo engageante qui vient susciter des émotions a plus de chance d’avoir d’impact et d’être mémorisé que des notions qui seraient transmises à l’aide d’une présentation Powerpoint ou la lecture d’une page de texte.

…Et c’est pourquoi la vidéo est idéale comme outil de formation!

À la lumière de toutes ces informations, qu’attendez-vous pour intégrer la vidéo à votre stratégie de formation?

 

Références :

(1) Manktelow, J. (1998). How Your Learning Style Affects Use of Mnemonics. Yapton, England: Mind Tools, Ltd..htm
(2) Cusimano, A. (2010). Learning disabilities–there is a cure. Lansdale, Pa.: Achieve Publications.
(3) Kulp, M. T., Earley, M. J., Mitchell, G. L., Timmerman, L. M., Frasco, C. S., & Geiger, M. E. (2004). Are visual perceptual skills related to mathematics ability in second through sixth grade children?. Focus on Learning Problems in Mathematics, 26(4), 44.
(4) Fletcher, J. D., & Tobias, S. (2005). The multimedia principle. The Cambridge handbook of multimedia learning, 117, 133.
(5) Reber, Paul. « What is the memory capacity of the human brain. » Scientific American 4 (2010): 2010.
(6) Nelson, B. (2012). Do You Read Fast Enough To Be Successful?. Forbes. [online] Available at: https://www.forbes.com/sites/brettnelson/2012/06/04/do-you-read-fast-enough-to-be-successful/#142a6bce462e [Accessed 31 Aug. 2017].
(7) Maguire, E. A., Spiers, H. J., Good, C. D., Hartley, T., Frackowiak, R. S., & Burgess, N. (2003). Navigation expertise and the human hippocampus: a structural brain imaging analysis. Hippocampus, 13(2), 250-259.
(8) Miller, G. A. (1994). The magical number seven, plus or minus two: Some limits on our capacity for processing information. Psychological review, 101(2), 343.
(9) Mayer, R. E. (2002). Multimedia learning. Psychology of learning and motivation, 41, 85-139.
(10) Wimber, M., Alink, A., Charest, I., Kriegeskorte, N., & Anderson, M. C. (2015). Retrieval induces adaptive forgetting of competing memories via cortical pattern suppression. Nature neuroscience, 18(4), 582-589.
(11) Anderson, M. C., Bjork, R. A., & Bjork, E. L. (1994). Remembering can cause forgetting: retrieval dynamics in long-term memory. Journal of Experimental Psychology: Learning, Memory, and Cognition, 20(5), 1063.
(12) NTL Institute for Applied Behavioral Science, 300 North Lee Street, Suite 300, Alexandria, Virginia 22314, 1-800-777-5227.
(13) Mayer, R. E. (2002). Multimedia learning. Psychology of learning and motivation, 41, 85-139.
(14) Foer, J. (2012). Moonwalking with Einstein: The art and science of remembering everything. Penguin.